Choeur d'Hommes du Pays Vannetais

Chroniques Polonaises

Chroniques de la Pologne

Samedi 28, dimanche 29 et lundi 30 avril 

Les choristes et leurs proches arrivent progressivement, accueillis comme prévu par « l’équipe de Malgo ». 

Malgo est là pour aider, y compris lorsqu’on arrive en fauteuil roulant après un « petit malaise » pendant l’atterrissage. 

Les groupes s’organisent pour visiter, qui la ville, qui le Wavel, qui le musée de l’usine Schindler… 

Le temps est magnifique. Lundi 30 avril soir : repas en commun.

Mardi 01 mai 

Matinée de visite libre 

Après-midi : 

rendez-vous 16h dans une salle de l’Ecole de Musique, qui donne sur rue Barstova, la rue de la Barbacane. Une salle magnifique, impressionnante… Nous voilà tout de suite dans l’ambiance ; cette salle est une injonction à l’exigence ! 

Hormis quelques retardataires qui n’avaient pas bien compris la consigne tout le monde est à l’heure. Visiblement la motivation est là ; il faut dire que nous devons répéter avec «la Diva » ; Yolanta Kovalska. Ceux d’entre nous qui ont plus de 4 années de Chœur d’Homme ont eu l’occasion de chanter avec Yola à Vannes ; ils sont impatients de la retrouver. Quant aux nouveaux ils en ont tellement entendu parler… 

Yola arrive, avec sa simplicité habituelle ; on dirait qu’elle vient comme une épouse et s’assied tranquillement sur le bord de l’estrade. 

Nous commençons la répétition ; effectivement on sent une forte motivation dans le chœur et de la tension chez Malgo qui veut une belle prestation sur sa terre natale. 

Valérie joue sur un grand Steinway ; elle est ravie ! 

Vient le premier morceau avec Yola : elle se met à chanter… 

Un frisson parcourt les choristes : me suis-je trompé de salle? Aurais-je quitté la réalité ? Dois-je m’attacher à mon siège tel Ulysse à son mât ? 

Malgo jubile ; elle a lu sur nos visages ce qu’elle attendait : la surprise, l’émerveillement et du coup le blocage. Difficile d’ouvrir la bouche pour les nouveaux mais pas seulement ; même ceux qui ont déjà chanté avec elle commencent à se demander s’ils sont dignes de partager un tel talent. Il semble que Yola ait encore progressé depuis que nous avions chanté avec elle à Vannes. Car il s’agit de ne pas se méprendre : c’est nous qui chantons avec Yola, pas l’inverse. 

Après ce moment de flottement, Malgo sait nous rassurer et nous reprenons, en essayant de chanter cette fois-ci. 

19 heures : arrivée à « Notre-Dame » 

De son vrai nom la Basilika Mariska, au cœur d’une des plus grandes (et des plus belles) places d’Europe, la plus grande lorsqu’elle fut créée au XIIIe siècle. La belle salle de la répétition n’était qu’un avant-goût ; dans le magnifique chœur de cette basilique nous devons être au top. 

D’autant que le public est au rendez-vous ; le travail de Malgo avec ses relais locaux (Krystof notamment) et le courrier envoyé par le Président au Consul de France à Cracovie ont fait effet : le Consul est là et il a apparemment amené avec lui une partie des français de Cracovie, le Maire adjoint est là également. Le chœur se remplit rapidement puis ne suffit plus ; le public doit s’entasser debout au fond. 

Le raccord nous permet de voir que l’acoustique est excellente ; la beauté du lieu et la présence d’un public nombreux sont à la fois impressionnant et rassurant. Oui nous ferons un bon concert. 

19h30 : Krystof fait une présentation bilingue du Chœur, des solistes, de notre pianiste et de Malgo bien sûr. 

C’est parti : 

« Gaude mater Polonia » ; Malgo nous avait prévenu ; le public se lève progressivement pour célébrer cet hymne de la Pologne à l’époque de ses grandes dynasties. Surprise : peu d’applaudissements ! Sans doute est-ce la norme pour ce morceau très symbolique pour les polonais. 

Nous enchaînons ; visiblement le public apprécie et en dehors du Gaude mater Polonia les applaudissements fusent.

Puis vient « Maria Wiegenlied » avec Yola ; comme nous l’avons été quelques heures auparavant le public est sous le charme. Quant à nous, nous espérons l’accompagner au mieux.

Nos solistes sont bien présents également et le public ne s’y trompe pas.

Bien sûr tout cela soutenu par notre pianiste et notre chef de chœur, toutes les deux au top comme d’habitude !

A la fin du programme les gens applaudissent debout ; Malgo leur parle, le public se rassoit et nous faisons un bis avec le Miserere. A nouveau tonnerre d’applaudissements et à nouveau bis avec la Virgine.

Cette fois il faut bien s’arrêter même si visiblement le public n’aurait pas refusé un ou deux morceaux supplémentaires.

21H30 : après l’effort le réconfort !

Direction le restaurant Morskie Oko à 10 minutes de la Basilique.

Ambiance traditionnelle : voûtes, grandes tables en bois, musiciens. Des plateaux bien garnis de charcuterie nous attendent : « Ah ce n’était que l’entrée. ». Le canard qui arrive derrière nous rassure ; un moment on a cru que Malgo se préoccupait de notre ligne. Mais comme toujours elle veut surtout notre contentement : bien visiter, bien manger pour bien chanter.

Malgo et Yolanta (elle est pas enceinte au fait ?) nous gratifient d’un chant et d’une danse traditionnels avec la complicité des musiciens ; un moment mémorable ! Décidément Yola n’a pas la grosse tête ; Diva dans son art mais pas dans son attitude.

Mercredi 02 mai

Visite des Mines de sel

Il fait bien chaud ; les mines vont nous rafraîchir.

Quelques choristes qui n’avaient pas compris qu’il fallait venir directement en tenue en sont pour se changer dehors, cachés par le groupe ; y aura-t-il des dossiers pour un futur chantage ?

Le groupe est divisé en deux pour la visite ; les deux guides parlent parfaitement français (il est donc possible pour un polonais de bien parler français) ; le système d’audio-guide permet de ne pas en perdre une miette.

Le premier escalier confirme que la visite n’est pas recommandée pour les claustrophobes : plus de 50 volées de 7 marches dont on ne voit pas la fin.

La visite commence vraiment : que ce soit les solutions techniques d’extraction de sel, de l’eau ou le talent des sculpteurs de sel (tous amateurs) nous sommes estomaqués par cette visite ; difficile d’accepter que nous ne sommes entourés que de sel.

Plus de 7 siècles d’exploitation : les chiffres sont vertigineux mais ce sel en valait la chandelle (la chandelle… dans une mine) ; un des éléments de la force commerciale de Cracovie, et donc de son prestige pendant sa période de gloire. Le statut privilégié des travailleurs à l’époque et la quantité de bois utilisée pour étayer les galeries montre l’importance du site.

Par ailleurs le guide nous explique que le site est parfaitement sain car stérile ; pas de vie en dehors des humains qui passent : pas d’insectes, pas de champignons, pas de bactéries… vraiment rien ! Il insiste sur le fait qu’on ne risque rien ; d’où une réplique de François qui restera dans les annales : « on est donc dans une mine de rien ».

Les salles se succèdent toutes plus étonnantes les unes que les autres. Le plus impressionnant c’est sans doute ces œuvres d’art de charpentes réalisées au XIXe pour consolider les plus grandes chambres creusées au cours des siècles : peintes en blanc elles ressemblent à des sculptures en allumettes géantes. Etourdissant !

Le point d’orgue de la visite c’est bien sûr la cathédrale taillée dans le sel. De dimensions similaires à une cathédrale « normale » elle a la réputation d’une acoustique exceptionnelle.

Concert dans la Mine de sel

Après les explications du guide et le temps de profiter du site, le chœur se met en place sur un des côtés pour entonner quelques morceaux ; nous devons laisser l’axe principal libre pour les visiteurs qui passent sans interruption.

Après trois chants nous faisons une pause ; la sécurité exige que les gens ne s’attardent pas ; or là où le Chœur d’Hommes de Vannes passe, le temps trépasse : les gens perdent le sens du temps et s’installent pour écouter.

Une fois que le flot des visiteurs a repris normalement nous nous remettons en place pour deux autres chants ; nous arrêtons là cette prestation plus destinée à créer pour nous-mêmes la magie d’un moment unique qu’à donner véritablement un concert.

Nous avions prévu que ce moment serait l’occasion d’une prise de son et de vue dans l’optique d’un post sur Youtube ; en tous cas si nous ne le faisons pas il est bien possible que quelques visiteurs chanceux le fassent à notre place. Chance et drame du XXIe siècle : difficile de maîtriser sa communication, pour le meilleur ou pour le pire !

La fin de la visite nous donne une petite idée de l’étendue de la mine ; nous parcourons 400 mètres en ligne droite pour atteindre un ascenseur libre afin de remonter plus vite ; mais il nous semble que ces mètres mesurent au moins un mètre cinquante.

La sortie de l’ascenseur est un peu erratique pour une partie du groupe qui ne sait pas comment retrouver les bus. Finalement nous n’avons perdu personne ; les « compteurs » de chaque car veillent au grain !

Déjeuner à 12 km des Mines

Le Dwor Siekarow nous attend; le repas est remarquable, les boissons parfaites et le jardin magnifique. Mais au moment où on commence à s’y prélasser il faut partir ; les horaires des chauffeurs de car sont intangibles.

Jeudi 03 mai

Matinée libre 

En ce jour de Fête Nationale –célébration de la Constitution de 1791- Cracovie est à l’arrêt et tous les sites touristiques sont fermés. Mais une simple balade dans cette superbe ville, avec une météo toujours estivale, suffit ; certains profitent de la seule activité touristique praticable : le tour en mini-bus électrique : bonne façon de connaître rapidement les quartiers les plus intéressants.

13h30 : rendez-vous pour partir en tramway jusqu’au sanctuaire de la Miséricorde Divine.

Après le repas dans le restaurant du site les conjoints ont droit à une visite du clocher d’où la vue est apparemment magnifique. Pendant ce temps répétition du Chœur dans un auditorium.

La messe qui nous a précédé ne nous a pas permis de faire un raccord acoustique et de plus elle a drainé un public énorme qui est parti en bloc avant notre concert ; nous arrivons donc pas très bien préparés dans cette la Basilique –un vaisseau aussi haut que vaste- où il fait très chaud et avec un public pour le moins clairsemé. En même temps il serait bien difficile d’avoir l’impression d’une salle pleine quand celle-ci peut accueillir 5000 personnes ! Heureusement que le Consul, enchanté par notre prestation à Notre-Dame, est revenu avec quelques aficionados.

Et heureusement aussi que nous pouvons compter sur la constance de Yolanta, capable de prendre vocalement possession de n’importe quel espace.

Notre participation à la messe qui suit nous réussit mieux ; sans doute moins tendus et moins perdus sur ces tribunes surélevées qu’en bas de la nef.

La messe se termine sur un Ave Maria divin de Yolanta. Et Malgo décide fort justement que nous ne chanterons rien de plus : après Yolanta le silence est encore du Yolanta.

Après la messe Kristof (organiste titulaire de la Basilique Notre-Dame et du Sanctuaire de la Miséricorde !) nous gratifie d’une petite démonstration de l’orgue, pas complètement opérationnel, construit dans le Sanctuaire avec sa contribution artistique ; la console ressemble au poste de pilotage d’un Airbus !

Dîner au

Le « flambage » du cochon de laie à notre arrivée donne le ton : dîner haut de gamme où nous allons encore nous régaler.

Cette soirée est aussi l’occasion de rencontrer quelques-uns des musiciens qui viendront jouer avec nous en juillet  mais nous aurons manqué de temps pour vraiment échanger.

Deux grands moments pendant cette dernière soirée tous ensemble : Yola qui nous gratifie d’un dernier tour de chant (plus ludique que dans les églises) et surtout pour les amateurs dégustation de vodka. Certains auront même un peu abusé et le retour en car leur paraîtra très long !

Jeudi 03 Mai

Descente des gorges de la Dunajec

Les excès de la veille n’empêchent personne d’être parés le lendemain pour partir en car vers la frontière slovaque.

Sous un soleil toujours présent (crème solaire impérative pour les peaux fragiles !) nous faisons cette descente très reposante au sein des Piénines sur les barques en rondins typiques.

Une gentille course semble s’organiser entre les barques sans qu’on comprenne bien les règles ; faut-il aller plus vite que les slovaques ? Les guides sont-ils payés en fonction de leur vitesse ?

Bon ça reste très calme malgré tout et seules affaires mouillées au fond des barques émaillent la quiétude de ce moment.

Restaurant «avec truite »

Malgo a encore fait marcher ses relations (familiales cette fois) pour nous proposer un dejeûner mémorable pour sa truite typique de la région.

Nous sommes accueillis par un groupe de musique folklorique constitué de jeunes hommes, qui apparemment ne laissent pas indifférente notre pianiste : « Ils sont beaux, vous avez vu comme ils sont beaux ! »

Retour en car : c’est la fin de l’aventure en groupe.

Nous allons donc pouvoir reprendre une activité normale… Enfin pas tout à fait ; selon les départs des uns et des autres certains d’entre nous passeront encore de bons moments dans Cracovie, une ville où c’est toujours l’été (On dirait le sud, le temps dure longtemps…).

Après avoir vu un trio d’accordéonistes brillants sur la grande place nous nous retrouvons quelques-uns dans un restaurant conseillé par Malgo ; la réputation de ses travers de porc a visiblement déjà circulé parmi les choristes. Et quand nous découvrons qu’il n’y en a pas ce soir-là on a l’impression de l’annonce d’une catastrophe ; les français et la cuisine ! Heureusement nous pouvons nous consoler avec du jarret et d’autres plats tous très authentiques : pour conclure ce séjour inoubliable avec un dernier souvenir gastronomique.

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