Choeur d'Hommes du Pays Vannetais

La musique sacrée de Rossini

La musique sacrée de Rossini

 
Je me permets de vous envoyer ce petit message, car si comme moi, chanter le Tantum Ergo de Rossini vous met en joie (ce dont je suis certain), vous devriez être intéressés à écouter en "podcast" l'émission d'Eve Ruggieri  sur Radio Classique de mercredi 21 février (durée 35 mn) , consacrée à la musique sacrée de Rossini.
 
Vous pourrez y constater que la façon dont Rossini composait ses œuvres sacrées, dans lesquelles on trouve une inspiration rappelant à bien des égards ses opéra, faisait déjà débat de son vivant, scandalisant ceux qui la trouvait  peu conforme à ce que doit être une musique d'église voir même frivole (je reconnais que j'ai à chaque fois l'impression d'être dans un moment assez irréel  quand il faut entonner sur un rythme très chaloupé le " Genitori, Genitoque" du Tantum Ergo à l'invitation du solo préliminaire "endiablé" au piano - le mot n'est pas trop fort-  de Valérie).
 
En fait, l'idée d'un "emprunt" de cette légèreté de la musique d'opéra  est sous-tendue par le sentiment que cette musique sacrée ne serait qu'accessoire dans l'oeuvre de Rossini. 
La réalité est différente : Rossini dont la formation initiale et les premiers emplois furent consacrés à la musique religieuse,  a écrit toute sa vie des œuvres religieuses, les plus notables étant le Stabat Mater et sur ses vieux jours, la superbe Petite Messe Solennelle, accompagnée à l'harmonium - instrument réputé "humble"  (n'ayant pas quand même été assez iconoclaste pour utiliser l'accordéon qu'il avait pourtant initialement envisagée).
 
En fait Rossini était quelqu'un de passionné. Il n'a pas "emprunté" à un genre au profit d'un autre mais  il a donné à chacune des musiques qu'il composait ce qu'il pensait être le meilleur - et le meilleur pour lui était très certainement ce Bel Canto qui habitait son univers et à qui il a donné ses lettres de noblesse. ...
 
ALEGROUX
 
André
 

 

commentaire 1 :

Intéressant même si Eve Ruggieri me donne souvent des boutons...

Merci beaucoup André,

C'est un problème quand un compositeur non spécialisé en musique sacrée mais plutôt en opéras ou musique orchestrale entreprend d'écrire de la musique sacrée.

Parfois cela déclenche de vives réactions. Prenez l'exemple de la liturgie op 41 de Tchaikovski dont est extraite le Sviaty Boje. Cette liturgie est une œuvre assez imposante de plus de 70 minutes. L a Messe fut chantée pour la première fois en décembre 1880, à Pétersbourg, provoquant les réactions auxquelles il f a l l a i t s'attendre : des applaudissements frénétiques et une couronne de lauriers offerte par les admirateurs mondains ; l ' i n d i g n a t i o n du clergé qui se demandait quel besoin avait éprouvé le compositeur d'écrire une Messe, et l u i conseillait de s'en tenir à ses « valses, polkas et opéras ». L ' é v ê q u e : A m b r o s i u s , particulièrement choqué par le fait qu'on eût annoncé une Messe de P. I . Tchaïkosvki, publia une énergique protestation : « I l s'agit de la liturgie de saint Jean Chrysostome, or le programme la désigne comme étant de P. I . Tchaïkovski ! L a musique sacrée intéresse l'Église et ne s'adresse pas à une salle de concerts. Le texte de la liturgie n'est pas une de ces légendes que l'on puisse utiliser pour fabriquer un livret !... Des applaudissements, une couronne de lauriers — félicitez vous, braves orthodoxes, que le texte de la sainte liturgie soit tombé aux mains d'un compositeur de talent, mais craignez le jour où, signée Rosenblum ou Rosenthal, notre Messe sera accueillie avec des sifflets et des miaulements !... ».

De plus ce brave évêque Ambrosius était raciste et anti-juif....

PAUROUSSEAU

Pierre Aurousseau

commentaire 2 :

Merci André. C’est très beau et surtout très juste. Le sacré peut être enlevé, joyeux et même endiablé, c’est évident ! C’est ça la spiritualité…Et il ne faut pas oublier que le terme « inspiration » signifie faire venir le souffle, l’Esprit, à l’intérieur. Et que celui d’enthousiasme vient du grec « en » (dans), theos (Dieu) et athmos (le souffle). Rossini était un enthousiaste c’est à dire dans le souffle de Dieu.

 
Très amicalement
 
 PDOUILLET
 Pierre DOUILLET

 

 

 
 
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