Choeur d'Hommes de Vannes

Récompensé à St Petersburg

 

Saint-Pétersbourg :

Les choristes vannetais à l'assaut de l’Himalaya

DSCN0249Au début, nous n'avions envisagé le festival de Saint-Pétersbourg que comme l'occasion d'un beau séjour touristique et la possibilité de profiter d'une ambiance festive. Plus question de concourir, après Venise et Vienne. Et puis, l'année s'écoulant,  l'idée fit son chemin, mais pourtant sans trop y croire : le niveau était trop élevé, la qualité des candidats inscrits, (évaluée avec U tube) nous laissait peu d'espoir. .

Va donc pour un troisième concours, mais sans grande illusion, malgré  une intense préparation, répétitions démultipliées  et trois œuvres connues sur le bout des doigts.

 

st pierre st paulLe premier contact avec le Festival nous offrit une excellente surprise. A peine sortis d'avion, après une nuit de car et une journée de vols et d'attente dans les aéroports, conduits directement à la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul, pour participer au concert d'ouverture, c'est dans un état de fatigue avancé que nous entrâmes en scène pour entonner le "Svyati Boje" de Tchaïkovski (video).St petersbourg aout 2014-concert ouverture Contre toute attente en ces circonstances, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et eûmes droit à un triomphe qui restera définitivement dans nos mémoires, avec bravo très sonores et standing ovation. Une merveilleuse entrée en matière.... 

Le Festival imposa immédiatement son rythme : nouveau concert le samedi après-midi à la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul et nouveau triomphe auprès du public, plusieurs spectateurs en pleur, de vielles dames et messieurs très émus,  nous gratifiant de vibrants merci en russe. Moments d'exaltation mêlée de perplexité, car comment expliquer l'effet de notre petit chœur de province sur un public aussi averti ?

Le dimanche matin, nous fûmes emmenés en car vers une banlieue contrastant avec le vieux Saint-Pétersbourg, dans une école de musique coincée entre des barres d'immeubles avec un extérieur  gris, poussiéreux et impersonnel, mais par contraste, une salle d'audition toute en bois, très chaleureuse. Nous nous sommes produits devant un jury international - trois russes, une estonienne et un italien -impassibles et lisses,  nous très appliqués, pour une audition pratiquement sans ratage avec une recherche de la perfection technique un peu paralysante.

Nous avons chanté de notre mieux nos trois œuvres : "O vos omnes" de Pablo Casals,  "Nuit Etoilée" de notre ami et pianiste Marian Marciak, et "Lux aurumque" d'Eric Whitacre. Nous ne pouvions rien deviner à ce stade des résultats.

Le lundi après-midi, nouveau concert à l’Église Sainte Marie et nouvelle ovation du public.

Lundi soir, à notre retour, nous retrouvâmes Malgo et notre Président, qui venaient d'un briefing sur les résultats : très positifs pour nous : nous savions d'ores et déjà que nous serions lauréats (selon leur expression) avec un niveau de notes de deuxième ou troisième prix. Le même principe s'appliquait que pour Venise et Vienne : une grille de notation avec différents critères,  et le total détermine le niveau : celui ci varie de premier prix (équivalent de l'or pour les autres concours), deuxième ( argent) ou troisième ( bronze) . Nous aurions donc l'un de ces deux derniers  ce qui est très honorable. Il fut indiqué que sur les 27 chorales participantes, 7 auraient un premier prix, 8 un deuxième ou troisième prix, celles restantes n'ayant qu'un diplôme de participation. Nous fûmes  flattés que le chœur d'hommes allemand "Eintracht Erbach" concourant dans la même catégorie que nous – et que nous considérons d'un excellent niveau - soit à priori dans la même position, avec un niveau de deuxième ou troisième prix.kazan

Deuxième ou troisième prix, le résultat sera, de toutes façons au delà de nos espérances.



Mardi en début d'après-midi, nous eûmes le privilège de chanter de la musique slave dans l'immense nef de la cathédrale N.D. de Kazan, une réplique à plus petite échelle de Saint-Pierre-de Rome, en présence d'une foule fervente faisant la queue pour vénérer une icône. Nos voix se perdaient un peu dans l'immensité de la voûte mais l'image de notre grand chœur, si petit dans cette nef gigantesque, restera dans nos mémoires.

P1110405(400)A l'issue, nous nous rendîmes à la State Capella, la chapelle de l'Académie Nationale située à proximité,  pour la cérémonie de proclamation des prix. Nous obtînmes  le deuxième prix dans notre catégorie, tout comme le chœur allemand ... le haut de la fourchette annoncée  - Congratulations -   Bravo à nous – Bravo surtout à Malgo pour nous avoir amenés jusque là.

Puis vint l'audition des 7 chœurs restant en compétition pour le grand prix. Très belles voix parfaitement maîtrisées, œuvres originales ou avant-gardistes, nous eûmes un beau panorama de ce qui se fait de mieux aujourd'hui en matière de musique vocale. Le grand prix fut attribué au Chœur national  de femmes d'Estonie "Leelo" très inspiré, pour une œuvre  mélangeant harmonieusement des sortes de chuintements et des mélodies traditionnelles. Nous avons été impressionnés également par une œuvre hors norme chantée par le chœur du lycée Marymount à Hong Kong, faite de percussions et de cris rythmés, associés à une véritable chorégraphie.

Puis, comme tous les lauréats d'un deuxième ou troisième prix, nous avons chanté  une œuvre, en l’occurrence le "Lux Aurumque" à la demande expresse du jury. Nous l'avons d'ailleurs paraît-il chanté beaucoup mieux que le jour du concours.... en tout cas le public se montrât encore une fois extrêmement enthousiaste, ce qui nous surprit à nouveau, d'autant plus que nous passions après les meilleures formations du concours. Mentionnons parmi toutes les œuvres chantées par les autres chœurs, les émouvants petits chanteurs japonais de Takarazuka, petits lutins qui se sont égaillés pendant leur morceau dans la salle en une réjouissante  marche dansante.DSCN0285(700)

Le Festival s'est terminé mercredi par un gala de clôture auquel chacun a participé et nous même avons donné une dernière fois le Sviaty Boje de Tchaïkovski, puis il y eu un dîner de l'ensemble des chœurs dans le grand hôtel Moskow.

Si le Festival a occupé une partie copieuse de notre temps, nous n'en avons pas pour autant sacrifié le tourisme et la convivialité. Les trois quarts des choristes présents étaient accompagnés de leurs conjoints. Et le temps a fait preuve d'une grande bonne volonté, sous un ciel invariablement ensoleillé.

800px-Petersburg-square Un grand tour en car de la ville le deuxième jour commenté par nos deux guides, doublé d'un grand tour en bateau sur les canaux pour nombre d'entre nous ont permis de se familiariser rapidement avec Saint-Pétersbourg.

L'hôtel OKTYABRSKAYA, où nous logions, immense établissement impersonnel portant encore quelques stigmates de la période soviétique n'était néanmoins pas sans qualités : un positionnement très pratique, à deux pas de la perspective NEVSKI, et des petits déjeuners copieux sous réserve d'un patient jeu de piste dans la tortueuse salle à manger,  pour trouver qui une cuillère, qui le café, qui le pot de (savoureux) yaourt.

Il nous permit de rayonner dans toute la ville. Citons sans être exhaustifs : le musée de l'Ermitage, le musée Russe, les églises et cathédrales aux bulbes brillants ou colorés -Saint-Sauveur du sang versé,  Vladimir, ND de Kazan, Saint Isaac, la forteresse Pierre et Paul, l'Amirauté et à l'extérieur, Petrodvorets et Pouchkine.

Un petit restaurant en haut de la Perspective Nevski, élu pour la qualité de ses produits et ses additions peu élevées est devenu notre cantine, même si certains se sont essayés à une gastronomie plus relevée. Nous avons apprécié la cuisine russe borsch et bœuf strogonoff, sans oublier la bière « Baltica », légère et tellement désaltérante en ces jours de grande soif. Seule ombre au tableau, les vols de papiers et argents qui se sont multipliés dans les transports en commun harcelant de nombreux choristes et créant au fil des jours une véritable psychose.musee de l'ermitage de la neva

Pour autant, le Festival de Saint-Pétersbourg restera pour notre Chœur d'Hommes comme un grand moment : grand certes pour notre bon résultat mais surtout pour les incroyables ovations reçues du public, dont ne pouvaient se prévaloir généralement les autres formations.

Très certainement, comme cela a pu être constaté pour les concours précédents, le travail intense de préparation nous marquera durablement,  l'effort ayant principalement porté cette fois ci sur la musicalité et l'interprétation (suivi des modulations du chef de chœur, notamment sur les piano et forte, écoute réciproque..).

Merci mille fois à Malgorzata, qui par sa force de conviction nous a amené là, et a donné aux parfaits amateurs que nous sommes, les moyens de s'y sentir pleinement à leur place.

Merci à elle surtout d'avoir une nouvelle fois et plus encore qu'à l'accoutumée, assuré la direction du chœur avec sa sensibilité naturelle, parfaitement en phase avec l'âme slave de Saint-Pétersbourg.

 

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